Le Musée de la Faïence enrichit ses collections de deux nouvelles pièces exceptionnelles. Un milieu de table monumental en majolique de l'époque 1875-1880 qui appartenait à un particulier, et une soupière en terre de pipe à décor peint de l'époque 1800-1805 provenant d'un antiquaire de Longwy.
Une soupière en terre de pipe.
La grande terrine en faïence fine du début du XIXe siècle.
Sur un piédouche haut se développe une panse hémisphérique. Les anses sont feuillagées. L'attache
supérieure est munie de boutons circulaires ornés d'une rosace en relief. La jonction entre le piédouche et la panse est soulignée d'une collerette portant un motif de rais de cœur, surplombant une frise de grecques. Le couvercle est légèrement bombé et porte à son sommet une prise à deux attaches. Le décor est peint. Une frise de feuilles de laurier stylisées, agrémentée de place en place de baies rouges, se retrouve en bandeau à trois emplacements de l'objet : sur le bord du couvercle, sur le bord supérieur de la soupière et sur l'aile du plat de présentation.
Des filets noirs limitent ces frises. Cette soupière a été réalisée en cailloutage, c'est-à-dire une faïence à pâte blanche. L'argile à l'époque provient de la région de Mayence, elle est appréciée dans la plupart des faïenceries de l'Est de la France en raison de sa blancheur.
Un milieu de table monumental en majolique.
Le surtout de table en faïence de Sarreguemines, dit Sirène.
Long de 65 centimètres et haut de 56, il s'impose par sa taille peu habituelle dans la production de la faïencerie de Sarreguemines. Le sujet s'inspire de la mythologie gréco-romaine. Sur une terrasse moulurée et polylobée formant le socle du surtout, deux Tritons adossés surgissent des flots tumultueux. Se dresse aussi, comme en figure de proue, le corps d'une naïade émergeant d'une gaine verte et feuillagée.
La pièce est réalisée en faïence fine. Vers 1880, ce produit a atteint un point d'équilibre dans son évolution : les pâtes sont devenues au cours du temps d'une grande blancheur. On y intègre du feldspath et du kaolin. La forme de l'objet a été obtenue par moulage selon la technique de l'estampage.
Sur la pâte très blanche, on a déposé ensuite des glaçures colorées dans la masse par des oxydes métalliques, technique décorative qui fait son apparition en Angleterre au milieu du XIXe siècle. Parmi les coloris, on peut observer une palette assez large : un bleu turquoise pour les flots, un brun foncé pour la terrasse, un vert bouteille pour la queue des tritons et de la naïade, un jaune très vif et un rose pour la coquille, un brun clair pour les chevelures des personnages mythologiques, et enfin une teinte ivoire pour figurer la carnation. En plusieurs endroits, on observe des zones de transition et des fondus de couleurs, par superposition. Ces glaçures sont brillantes, translucides et vitreuses, magnifiant les couleurs.