Rêves de Japon
Du 2 mai au 30 septembre 2008


Rêves de Japon

Collection de Netsuke et d’OkimonoIvoire, bois de cerf, pierre et bois.
(Japon ; XIXe siècle ) Coll. particulières.


L’exposition « Rêves de Japon » est née du désir de présenter au public l’un des trésors japonais des collections du musée de Sarreguemines : des estampes de la Manga d’Hokusai. Acquis à la fin du XIXe siècle par la manufacture, ces petits croquis ont servi à la fois de source d’inspiration et de base documentaire aux faïenciers sarregueminois, à un moment où le public raffolait d’exotisme.

Si le patrimoine local est le point d’ancrage de l’exposition, le parcours proposé appréhende plus largement le mouvement du Japonisme qui a fasciné des collectionneurs (Edmond De Goncourt), des artistes (Manet,
Monet, Whistler, Bracquemond), et entrainé les industries d’art dans une dynamique de renouvellement des arts décoratifs.

Autour des céramiques japonisantes des plus grands centres de production français, ivoires japonais, étoffes, publications ou encore estampes originales permettent de saisir cette fascination des contemporains du 19e siècle pour le Japon. De nombreux objets empruntés à des collections privées témoignent d’un engouement toujours vivant que l’on comprend aisément.

Céramique et japonisme

Le patrimoine de la ville de Sarreguemines est essentiellement lié à la faïence. C’est pourquoi le japonisme vu à travers la céramique constitue le coeur de l’exposition.
En étudiant les collections, on s’aperçoit rapidement que ce n’est pas tant la porcelaine japonaise, pourtant connue et appréciée en Europe depuis le 17e siècle, qui inspire les industriels français
au 19e siècle. C’est l’estampe. Celle-ci est copiée, interprétée, déclinée sur de nombreux supports en faïence ou en porcelaine. Tous les grands centres s’inspirent des dessins d’Hokusai, d’Utamaro et autres maîtres japonais. Le premier et plus célèbre des services de table japonisants est le service Rousseau, du nom de son commanditaire. Il s’agit de copies d’estampes, reportées sur des objets de forme très classique, mais à la manière japonaise, c’est-à-dire sans tenir compte du centrage ou de la symétrie.
Dans un autre registre, certaines usines reproduisent avec leur céramique des matériaux exotiques comme la laque, déclinée en rouge ou en noir.
Plus tardivement, ce sont les grès japonais, les objets de la cérémonie du thé, qui inspirent certains centres. Cette céramique d’aspect brut fascine les céramistes indépendants comme Delaherche ou
Carriès. De nos jours encore la technique du raku, qui laisse toute latitude aux « accidents » de la cuisson, passionne les céramistes.



Autour de l'exposition

Service pédagogique :
Visites pédagogiques et ludiques autour de l’exposition.

Projection dans l’exposition : « Hokusai, la menace suspendue »
Film documentaire de Alain Jaubert. Tous les jours.

Le 7 septembre à 16h: Conférence sur le Japonisme et les Arts décoratifs
Par Emile Decker, Conservateur en chef des musées de Sarreguemines. Comment l’art japonais a influencé les décorateurs et industriels européens au XIXe siècle.

Renseignements et inscriptions : 03 87 98 93 50