
Exposition temporaire
du 16 avril au 27 septembre 1999
Lannée 1999 est marquée en Lorraine par le centenaire de lEcole de Nancy. Sarreguemines a voulu sassocier au projet de la Mission de lEcole de Nancy de faire connaître au public le patrimoine Art nouveau issu des manufactures et des ateliers dart lorrains.
Le Musée des Faïences de Sarreguemines sortira à cette occasion de ses réserves sa collection de céramiques Art nouveau pour une exposition qui occupera trois salles de létablissement, et qui permettra au visiteur de parcourir trente années dhistoire de lart jusquici méconnues...
La seconde moitié du XIXe siècle est fortement marquée dans le domaine des arts décoratifs par un retour aux styles du passé : cest lépoque du néo-classicisme, du goût néo- Renaissance
Le Jardin dHiver du Musée des Faïences, érigé en 1880, illustre parfaitement cette tendance : on y découvre une fontaine monumentale en majolique, dont larchitecture et le décor reprennent essentiellement des éléments propres à la Renaissance (dauphins en ronde-bosse, décor de candélabres
).
Par ailleurs, la fin du XIXe siècle est marquée par lexpansion colonialiste, et la société bourgeoise est séduite par lexotisme qui lui arrive dAsie, dExtrême-Orient, dAfrique du Nord. La faïencerie de Sarreguemines produit ainsi dès 1860 des objets dinspiration persane et des chinoiseries . 
Mais à cette même époque, quelques artistes en Europe commencent à dénoncer les copies danciens et pastiches exotiques, cherchant à créer un style nouveau. Pour ces artistes, linspiration ne doit plus se chercher dans le passé, mais dans la nature. Ils sinspirent essentiellement de lart japonais. Le Jardin dHiver possède ainsi deux panneaux céramiques qui dénotent par certaines caractéristiques japonisantes étroitesse, verticalité, teintes claires et annoncent lArt nouveau.
Panneaux
Les panneaux de céramique connaissent un essor important à la fin du XIXème siècle. Larchitecture utilise alors la céramique pour décorer les intérieurs bourgeois, les stations thermales, les magasins, les restaurants, les gares
La production de panneaux historiés à Sarreguemines se situe entre 1880 et 1930. Ils sont essentiellement en faïence fine recouverte de glaçures colorées. Les décorateurs, parfois employés de la faïencerie, parfois intervenants extérieurs dont les plus célèbres sont Alexandre Sandier, Carl Schüller, Simas, reprennent souvent les thèmes chers à lArt nouveau naissant : la flore, la femme, les décors japonisants. Le musée présentera entre autres modèles, les Hérons au bord de leau , le panneau aux roses trémières et pavots, une marine, annonciateurs de lévolution vers une nouvelle approche des arts décoratifs.
Parfois, les thèmes sont repris daprès des affiches et adaptées à un lieu spécifique. Laffiche est en effet un moyen dexpression qui rencontre un succès important dans ces années-là, et la faïencerie de Sarreguemines reproduit sous forme de panneaux les célèbres Le Boulevard et La Rue de Théophile Steinlen. Le panneau Ville dAvray, réalisé pour la Brasserie Mollard en face de la gare St Lazare, figure quant à lui lessor du chemin de fer et le développement des banlieues parisiennes. Dans ces uvres, les éléments qui rappellent lart japonais sont essentiellement les grandes plages de couleur, les cadrages décentrés, le soin du détail...
Industrie dart
Les artistes du mouvement Art nouveau préconisent très tôt un retour à lartisanat, décriant la société industrielle et la production de masse. Ils se donnent pour tâche de créer des objets de qualité soignés jusque dans le détail. Ils prônent également lart pour tous, afin que le beau ne soit plus lapanage des couches aisées de la société. Cest une véritable réforme des arts et de la société quils avancent. Ces théories portent pourtant en elles des contradictions qui ont participé de léchec du mouvement : la qualité, la beauté des matériaux utilisés induisent en effet un coût qui rend cette production inaccessible aux classes moyennes.
Par ailleurs, la diffusion du style par lintermédiaire des revues dart et de décoration en plein développement, leffet de mode qui en découle, incitent les centres industriels à produire des objets dans le goût Art nouveau, ce qui va également à lencontre des principes avancés par les artistes. Sarreguemines produit ainsi des pièces de forme, des services de table, des nécessaires de toilette inspirés de lArt nouveau français caractérisé par lutilisation de la courbe et de la contre-courbe, par la ligne en coup de fouet et lasymétrie.
Mais la manufacture fabrique parallèlement des objets dont les lignes géométriques, la symétrie des éléments de décor, labstraction dans le rendu de la flore renvoient au pendant allemand du mouvement Art nouveau, le Jugendstil. Sarreguemines est en effet ville allemande depuis la signature du traité de Francfort ; de nombreux créateurs travaillant à lusine ont dailleurs fréquenté les écoles dart en Allemagne, et plus particulièrement celle de Munich. Il y a également collaboration entre la faïencerie et des artistes allemands à cette époque. On peut citer ainsi Ludwig Hohlwein, célèbre architecte dintérieur qui fait réaliser à Sarreguemines certaines pièces aux lignes très pures annonçant déjà lArt déco et dont certains exemplaires font partie à présent de la collection du musée.
Du 16 avril au 27 septembre 1999
Ouverte au public tous les jours de 10h à 12h et de 14h à 18h, également le mardi à partir du 1er juillet
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