Merveilleuses Dînettes






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Merveilleuses Dînettes 
Du 27 novembre 1999 au 6 février 2000, le Musée des faïences de Sarreguemines organise une exposition entièrement consacrée aux dînettes en faïence et en porcelaine intitulée : " Merveilleuses dînettes ". Plus de 80 services en faïence et en porcelaine seront proposés aux visiteurs du Musée. Cette exposition regroupe les plus prestigieuses manufactures françaises et allemandes, parmi lesquels Gien, Lunéville, Villeroy et Boch et, bien entendu Sarreguemines.
A cette occasion, le Musée de Sarreguemines sort de ses réserves plusieurs services de dînettes en faïence qui seront également proposées aux yeux émerveillés des petits et des plus grands.
Devenues objets de collection et d’études, les dînettes conservent une grande part de mystère. Identifier leur origine n’est pas chose facile, mais l’apport des collectionneurs privés permet de réunir une exposition de dînettes en faïence et en porcelaine de grande valeur. C’est effectivement le cas de " Merveilleuses dînettes ", qui est issue d’une collection privée.
En parallèle à cette exposition itinérante, précédemment présentée au Château d’Haroué (Meurthe-et-Moselle et au Musée de la poupée de Courbevoie (Hauts-de-Seine), la Maison de la Lorraine à Paris exposera durant la même période plusieurs pièces de l’exposition.
Les livres, les revues et les expositions qui sont consacrés aux dînettes aident les nombreux amateurs et collectionneurs à se frayer un chemin dans l’accumulation des jouets anciens qui ont résisté aux outrages du temps.
La dînette devient le prétexte à un véritable voyage dans le temps, du début du dix-neuvième siècle à la deuxième Guerre Mondiale, période à partir de laquelle le plastique supplante la faïence et la porcelaine de ces ménages d’enfant. Certes il existe toujours une production contemporaine en céramique, mais elle n’égale pas les productions anciennes. Conscients de cette difficulté, certains fabricants de jouets ont remis au goût du jour des rééditions de dînettes de nos arrières grands-mères qui semblent bel et bien destinées à la décoration et non pas au jeu des petites filles.
Exposition " Merveilleuses Dînettes "
Musée des Faïences de Sarreguemines
du 27 novembre 1999 au 6 février 2000

Inauguration le samedi 27 novembre à 16h00 au Musée
Ouvert tous les jours sauf le mardi de 10h à 12h et de 14h à 18h
La visite de l’exposition est comprise dans le prix d’entrée au Musée



























































Le mot d‘Emile Decker, Conservateur du Musée de Sarreguemines
" Lorsque au dix-neuvième siècle l’usage de la faïence et de la porcelaine se généralisa grâce aux progrès des sciences et des techniques, leur utilisation s’étendit à des domaines beaucoup plus vastes que la vaisselle de table ou les vases d’ornement qui constituaient jusqu’alors leur champ d’application privilégié.
Ces matières d’une grande plasticité permettaient de réaliser des objets au modelé d’une grande finesse.
On les employa notamment pour la fabrication de certains jouets : la plupart des faïenceries européennes ont ainsi produit des dînettes ou ménages d’enfants à côté de leur production habituelle.
La dînette est un service de table, réalisé à une échelle réduite pour servir lors des repas que les enfants font avec leur poupée. Ce jouet exerce sur le monde des adultes une fascination dont les racines sont multiples et cachées. Intimement lié au monde de l’enfance, cet engouement relève certainement de la nostalgie d’une époque disparue et idéalisée. Lorsqu’ils étaient réalisés en porcelaine ou qu’ils étaient peints à la main, ces objets offerts aux petites filles constituaient souvent des cadeaux précieux. En raison de leur fragilité, leur utilisation en était parfois même réglementée par les parents et réservée à des occasions particulières, toujours sous surveillance. Ils appartiennent dans notre mémoire affective au monde du jeu mais peut-être aussi à celui de l’interdit (…).

(…) Cet univers en miniature favorise à son contact une intimité, un repliement ; il constitue une invitation au jeu et à la rêverie, il permet à l’enfant de se glisser comme Alice au pays des merveilles dans un espace imaginaire, celui de la fantaisie.

Devenues objets de collection et d’études, les dînettes conservent une grande part de mystère. Identifier leur origine n’est pas chose facile, la documentation manque. Les différentes pièces qui les composent n’étaient pas toujours marquées en raison de leur taille. Aussi l’attribution reste souvent une tâche très difficile et les recherches entreprises sur le sujet sont très précieuses et viennent opportunément combler une lacune ".



Qu’entend t-on par dînette ?
Dînette : nom commun féminin. 1. petit repas, vrai ou simulé, que les enfants font ensemble ou avec leur poupée – faire la dînette, jouer à la dînette. 2.repas léger. Jouet constitué d’un service de vaisselle miniature.

Telle est l’évocation du monde de la dînette selon le Grand Larousse Universel. Si le premier sens est celui du jeu même dans lequel on imagine les petites filles d’hier ou d’aujourd’hui s’initier à l’art du rituel culinaire, qu’il soit véritable festin ou repas léger, la troisième acception du mot nous mène tout droit dans l’univers fascinant de la vaisselle d’étain, de fer, de cuivre, de terre de faïence et de porcelaine pour enfants et poupées.

Vaisselle ou jouet ? Voici donc posée toute l’ambiguïté de la dînette. Elle appartient à l’univers des jouets, mais son art la relie irrémédiablement aux matières qui la constituent : cuivre, étain, fer-blanc aluminium, argenterie, faïence, porcelaine. Sans aucun doute, l’art de la dînette se teinte-t-il de l’art du jouet et plus particulièrement celui de la vaisselle miniature, entre services de table, services à dessert, service à thé et autres services de toilette.

La France est au dix-neuvième siècle avec l’Angleterre l’un des grands fabricants de faïence d’Europe, voire du monde. Si les porcelaines furent longtemps l’apanage de l’Allemagne, comme ce fut le cas de l’Angleterre avec les faïences, les circonstances du dix-huitième siècle sont oubliées et le réveil français élève au sommet les productions nationales. Les manufactures en faïences stannifères, en faïences fines, en porcelaines opaques, en porcelaines dures et tendres s’implantent sur tout le territoire français.

La dînette devient le prétexte à un véritable voyage dans le temps, du début du dix-neuvième siècle à la Deuxième Guerre mondiale, période à partir de laquelle le plastique supplante la faïence et la porcelaine de ces merveilleux ménages d’enfant. Certes il existe toujours une production contemporaine en céramique, mais elle n ‘égale pas les productions anciennes. Conscients de cette difficulté, certains fabricants de jouets ont remis au goût du jour des rééditions de dînettes de nos arrières grands-mères qui semblent bel et bien destinées à la décoration et non pas au jeu des petites filles.

Réminiscences inconscientes d’un temps où le bonheur semblait lié à la rareté et à la fragilité de ces jouets d’antan, et où la brièveté des instants passés à jouer avec les dînettes semblait en renforcer l’intensité du souvenir… Mais ne serait-ce pas là une vision quelque peu faussée par la société de consommation actuelle qui offre aux enfants des jouets standardisés dénués de toute créativité originale.



Petit historique
Les Grecs connaissaient les poupées, les balles et les crécelles. La poupée est également très répandue à Rome. Les potiers ont pensé de tout temps aux enfants en leur fabricant des céramiques en réduction. Les premières attestations de dînettes au sens de ménages d’enfant apparaissent réellement au seizième siècle. Fabriqués en étain et en cuivre, ils proviennent d’Allemagne, pays producteur de jouets de bois et de métal.

La France fait appel à l’Allemagne pour une grande partie de ses ventes de jouets et ce, jusqu’à la fin de la première moitié du dix-neuvième siècle. Par la suite la tendance s’inverse. La qualité et l’esthétisme des jouets français détrônent pour un temps l’hégémonie germanique dans l’industrie de la bimbeloterie.

Avant le temps des dînettes sorties des fours des manufactures en faïence et en porcelaine, il y a eu le temps des dînettes d’or et d’argent, de poterie et d’étain, de métal et de cuivre. Les orfèvres mirent tout leur savoir-faire au service des petites princesses d’Europe.

Le Dictionnaire de la langue française Littré illustre à merveille par des citations littéraires la définition du mot ménage. C’est ainsi que l’exemple donné à celle de petit ménage est extrait d’une lettre de Madame de Maintenon adressée à Madame de Caylus le 25 mars 1718 : " Je ne sais si je tombe en enfance ; mais le petit ménage d’argent que vous avez envoyé à Mlle de la Tour me plaît autant qu’à elle ". Il y eut certainement des dînettes royales façonnées par des ateliers d’orfèvrerie renommés, mais leur trace n’a pu être retrouvé. Les plus anciennes n’ont certainement pas échappé aux fontes ordonnées par Louis XIV à l’occasion des Edits somptuaires de 1689 et 1709, qui engloutirent les merveilles de l’orfèvrerie française pour soutenir l’effort de guerre. Des jouets au service de la guerre, quel paradoxe.


L’art céramique
La mode des ménages en faïence et en porcelaine remonte au dix-huitième siècle, mais il est impossible de parler d’un véritable phénomène : tout d’abord parce que les objets céramiques de qualité destinés aux enfants sont réalisés pour des clients fortunés, et, ensuite, parce que le jouet connaît son apogée un siècle plus tard avec la révolution industrielle.

La vogue des ménages d’enfant peut être datée avec précision si l’on considère qu’elle correspond à leur développement et leur commercialisation à grande échelle.

Les rapports des Expositions qui jalonnent le dix-neuvième siècle précisent que leur vogue remonte aux années 1850.
L’exposition Universelle de 1855 semble être le point de départ de leur expansion L’industrie des jouets connaît une fulgurante ascension en moins de vingt ans et devient une économie à part entière.


L’arrivée du plastique
En 1865, l’arrivée sur le marché de celluloïd et de la bakélite annonce celle du plastique. L’entre-deux guerres voit se préciser l’émergence de nouvelles matières (le rhodoïd inventé par Rhône Poulenc est proche du celluloïd mais non inflammable) et de leurs ambitions. Solidité, sécurité, petits prix, couleurs multiples, usinage et moulage faciles comptent parmi les atouts du plastique). Les poupées sont les premières touchées. Les premiers poupons en celluloïd, fabriqués à la fin du dix-neuvième siècle, sonnent le glas des bébés à tête en porcelaine. La célèbre poupée Bluette (1905-1960) en est un bel exemple. Il en est de même pour les dînettes.

Après avoir lutté contre le fer, le combat avec le plastique est finalement perdu dans les années 1960 par la céramique. La production de dînettes en faïence et en porcelaine restera ponctuelle.

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