«Mémoires du lieu» Installations de Jacques Kaufmann |
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![]() Musées de Sarreguemines Office de Tourisme de Sarreguemines |
Prolongée jusqu'au 31 décembre 2001 Jardin du Moulin de la Blies Contacts presse : Service des publics |
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![]() « La manière dont se génère la forme est un des questionnements de mon travail actuel. Une de mes hypothèses est de penser que toute énergie mise dans un matériau, de manière intuitive d'abord puis attentionnée et structurée au fur et à mesure de l'échange qui se produit avec celui-ci, est le principe producteur de l'uvre. Pour cela, mes gestes sont simples et directs, et procèdent de ce que peut susciter le matériau lui-même. Faire que la forme s'invente comme expérience concrète d'une relation, c'est cela l'enjeu ! Je trouve passionnant, en partant des réalités objectives, en apparence sans valeur et sur la frange de l'inexistence, de parvenir à ouvrir un champ imaginaire à la terre ou à la brique, de sentir que je construis et me construis moi-même dans ce regard. Pour moi, l'imaginaire part du matériau, de ses qualités, et de son énergie poétique. » Extrait d'entretien avec Alain Macaire Dialogues céramiques. Musée dArt Contemporain - Dunkerque 1997 |
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Le site du Moulin de la Blies : un lieu de «mémoires» |
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| Le jardin de la Blies occupe lemplacement dun ancien site de production de la manufacture de Sarreguemines. Ce lieu qui fut longtemps une friche industrielle est riche en évocation du passé faïencier de la ville. Il sagit dun lieu dédié à la préparation des pâtes, phase initiale du processus de fabrication de la faïence. Les tâches qui se déroulaient à cet endroit étaient rudes, les ouvriers travaillaient souvent dans le froid, lhumidité et la boue. Ils transportaient des matières premières, poussaient des wagonnets, brisaient des mottes de terre, broyaient les minéraux qui entraient dans la composition des pâtes, actionnaient des leviers pour filtrer largile liquide. Ces travaux nécessitaient un effort physique important. Pendant cent cinquante ans, des générations de travailleurs se sont succédés avant que le lieu se taise, que les machines simmobilisent et que la nature reprenne ses droits. Trente ans après son abandon, le site constitue un lieu de mémoires. Le moulin à cailloutage est devenu un musée qui propose aux visiteurs de découvrir le processus de fabrication de la céramique et qui donne aussi la parole aux anciens ouvriers. Sil est de la vocation dun musée de conserver le patrimoine, de le présenter au public, il lui revient encore de lanimer. Cest dans la perspective de ces missions que le jardin des ruines accueille chaque année, à la belle saison, des manifestations diverses sur le thème de la céramique mais aussi des spectacles dans un amphithéâtre de verdure, là où sétageaient, il y a un siècle, les bassins de décantation dargile liquide. Des expositions en plein air occupent régulièrement lespace des ruines. Ainsi, sur les murs des anciens ateliers seront exposées au cours de lété 2001, des photographies anciennes évoquant larchitecture de la manufacture à la fin du XIXe siècle (exposition "Paysages industriels " jusquau 31 octobre 2001). Il apparaît, en outre, capital que létablissement rende compte des diverses formes et expressions quadopte la création contemporaine qui ne laisse de surprendre par sa vitalité et sa diversité. Elle est en fait le prolongement vers lavenir dune aventure de la céramique dans tous ses états. Mémoire et création constituent les deux pôles autour desquels se développent les activités culturelles du site. Cest dans le cadre de cette volonté que la Ville de Sarreguemines a décidé dinviter, il y a deux ans, le céramiste Jacques Kaufmann qui, lors de sa première visite du lieu, a été séduit par ses qualités. Elle lui a proposé dinvestir les lieux et dimaginer une intervention artistique. Lartiste a souhaité travailler sur le thème de " la mémoire des lieux ", de mettre en valeur par cinq installations les traces laissées par le travail et les hommes sur le site. Il sest chargé dévoquer par des signes ce qui a disparu et dériger les matières premières comme témoins ultimes de lactivité de production. |
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Les 6 installations : |
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Galets de silice à lentrée On ne peut être quétonné par cet impressionnant amoncellement de galets de silice situé à lentrée. Cest à une rêverie de lérosion, de lusure des matières premières, de leur affinage pour la préparation des pâtes et des émaux quil nous conviens. Lintervention vise à donner forme au mouvement de rotation des galets dans le broyeur, par une forme géométrique, cylindrique, qui pénètre la masse floue du tas |
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Collines de tessons dans la forêt Un relief mouvementé nous accueille dans la forêt, constitué de myriades de tessons de faïence, plus ou moins recouvert de végétation et dans lequel des arbres ont pris racine. La proposition vise à donner conscience de la qualité particulière du sol et, par la mise en filigrane des tessons comme dans une nasse, dévoquer la légèreté dune pensée, de la mémoire. Ce mur -membrane de tessons agit comme un voile, et comme lui, laisse circuler le regard, fragile. La mise en verticale des tessons révèle leur origine et la formidable capacité de la nature de revenir sur des friches à priori stériles. |
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Cimetière des meules Surgies au détour de la promenade, inévitables, elles nous émeuvent comme le ferait un cimetière des éléphants. Abandonnées, elles gardent la puissance de leurs heures de gloire servile. Libérées de leur fonction, cest leur énergie intérieure qui rayonne, par leur matérialité et la mémoire quelles provoquent. Le verre, comme matériau de translation, fait résonner en un double poétique la puissance plastique recelée par ces éléments. |
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Colonnes de galets Ici, cest à un déplacement subtil que nous sommes conviés. Un pied inattentif ne remarquera pas la consistance du sol dans le sous-bois : tout ce qui a poussé émerge de galets, et lon sent à ce moment la puissance de reconquête du territoire par le végétal. Lorsque celui-ci recouvre des espaces dits culturels (Angkor par exemple), la lutte est claire. Mais ici, la complexité vient du fait que le végétal investit des matériaux de rejets, galets usagés qui ont été oubliés. De la nature détritique du sol, substrat sauvage entre matériau naturel et rejet industriel sérige une colonne de galets. |
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Bassin de décantation Actuellement, trois niveaux herbeux suivent le profil initial de cet espace autrefois dévolu au lavage et à la décantation des matériaux argileux. Cet affinage de la matière est souligné ici par la dimension des éléments |
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Cour centrale Comme un espace de jeu, de détente, daccueil, cette cour semble en attente. Quels furent les rires et les pleurs, les paroles et les silences, les espoirs et les fatigues qui se vécurent ici ? La proposition répond à cette interrogation et au vide daujourdhui par linscription, à une autre échelle, dun fragment de décor qui animait la surface des produits de faïence. Le décor reprend sa liberté, sort de son cadre dorigine, retrouve la lumière et la vie. Matériaux : briques et plantations |
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Etait prévue mais na pu être réalisée : la Cheminée |
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| Les concepts développés par Jacques Kaufmann : La perte La mémoire La résurgence Le décelable Cest à un parcours à travers différents espaces spécifiques du site, peu lisibles en létat, et rendus visibles par les interventions que le visiteur est convié. Galets entrée : masse en mouvement circulaire, broyage Tessons forêt : de la mémoire, des produits industriels et de la puissance du végétal Meules : décalage de matériau Galets forêts : colonne de pierres, de lhorizontal au vertical, du passif à lactif Bassin de décantation : fonction visualisée Jardin : décor floral, de lespace du décor à lespace réel Cheminée : part manquante Il sagit de redonner sens à lidentité et aux fonctions diverses du lieu par un décalage de Présentation : horizontal - vertical Matériau : pierre, galets, tesson, briques ou verre Forme : tas -géométrie Échelle : décor - prise despace Ce nest pas à une évocation passéiste ou nostalgique que le visiteur est confronté, mais, par une relation au site actuel et un décalage avec celui-ci, à une nouvelle relation poétique. |
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| Dimension pédagogique du projet Les musées de Sarreguemines, qui ont également une vocation pédagogique, ont souhaité associer le lycée professionnel Henri Nominé de Sarreguemines à la réalisation de certaines installations de Jacques Kaufmann. Les élèves de première et de deuxième année de BEP M. S. M. S. A. (Maintenance des Systèmes Mécaniques Automatisés) du lycée technique ont ainsi réalisé trois ouvrages métalliques : 1. les galets de l'entrée 2. les tessons dans la forêt 3. la colonne de galets dans la forêt. Ce travail est une application directe de leur programme scolaire. En effet, dans la partie "Fabrication" du référentiel du BEP Maintenance des systèmes mécaniques automatisés, les élèves sont tenus d'acquérir des compétences telles que : - travaux neufs ; - usinage de pièces de rechange ; - modification ou rénovation d'ensemble ou de sous-ensemble ; - assemblage de pièces diverses en utilisant des technologies différentes (découpage, cintrage, formage, perçage, taraudage, filetage, goupillage, soudage, etc...). L'élaboration de ces uvres a permis l'application pratique des théories enseignées en classe, depuis la conception jusqu'à la réalisation (dessin d'ensemble, de définition, confection logistique, montage sur site). L'enthousiasme et l'énergie de tous ces élèves participants n'ont eu d'égales que leur joie et leur fierté devant l'uvre achevée. Une bonne préparation à leur future vie professionnelle.... Un grand merci aux élèves et aux enseignants. |
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![]() Exposition «Mémoires du Lieu» Installations de Jacques Kaufmann Jardin de Ruines du Moulin de la Blies 125, avenue de la Blies - 57200 Sarreguemines du 1er juin au 31 octobre de 9 heures à 20 heures du 15 juin au 31décembre 2001 Ouvert tous les jours de 10h à 20h, entrée et parking gratuits Pour tout renseignement : Tél. : 03 87 98 30 50 - Fax : 03 87 98 37 28 |
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