

Une remarquable collection de photographies
Trois séries d'albums
Le Musée conserve dans ses collections, trois séries d'albums rassemblant des photographies de la manufacture de Sarreguemines. Véritable reportage, ces albums évoquent le travail, parfois laborieux, des hommes et des femmes de la faïencerie de Sarreguemines.
1880, le plus ancien...
L'album le plus ancien date des années 1880. Il est relié de cuir et contient 21 photographies. On y trouve en particulier des photographies de Paul de Geiger entouré des cadres de la manufacture, des vues du Moulin de la Blies ainsi que des groupes d'ouvriers de cette usine.
Il comporte également des souvenirs militaires, certainement ceux de l'ancien propriétaire de l'album.
1892, le plus complet...
De 1892, le Musée conserve une série de dix albums reliés de percaline rouge. Les photographies, présentées sous des passe-partout rehaussés d'un décor en relief, sont l'uvre du photographe parisien De Jongh. Ce document complet regroupe des vues extérieures des usines, des vues intérieures des ateliers ainsi qu'un nombre important de photographies d'ouvriers et d'employés de la manufacture rassemblés par service.
1923, le plus exhaustif...
Le dernier reportage date de 1923. Les photographies sont conservées dans trois albums reliés. C'est le document le plus exhaustif : toutes les phases successives de la fabrication de la faïence sont présentées, de la préparation des terres à la cuisson finale.

Les femmes et les hommes de la manufacture
Les effectifs
De 15 ouvriers à sa fondation en 1790 par Nicolas-Henri Jacoby, le nombre d'ouvriers de la faïencerie augmenta constamment tout au long du XIXe siècle. A la fin du directorat de Paul Utzschneider, elle compte déjà 500 ouvriers. Sous Alexandre de Geiger, les nouvelles usines mises en service à Sarreguemines vont nécessiter une main d'uvre de plus en plus importante et accroître considérablement le nombre des employés.
De plus de 1000 ouvriers en 1857, l'effectif va passer à près de 1350 à la vieille de la guerre franco-prussienne de 1870.
Pendant l'annexion et sous la direction de Paul de Geiger, la manufacture sera à son apogée et comptera jusqu'à 3250 travailleurs.
La provenance des ouvriers
Le plus grand nombre de ces femmes et de ces hommes provient des alentours proches de Sarreguemines. On y vient de loin, souvent à pied, mais à partir de 1865, avec le chemin de fer, on remarque que beaucoup d'ouvriers sont originaires des villages desservis par la ligne ferroviaire.
En 1869, la faïencerie construit la première cité pour loger une partie de ses employés. Les ouvriers spécialisés comme les cuiseurs, viennent quant à eux de toute l'Europe, au gré de leur pérégrination d'une faïencerie à l'autre. Lorsque l'une d'elles ferme, les ouvriers sont souvent réembauchés dans une autre manufacture. C'est le cas de ceux de la manufacture belge de Tournai qui viennent à Sarreguemines en 1890.
En 1910, ce sont des manuvres polonais qui arrivent à Sarreguemines ; leur venue provoque une des premières contestations ouvrières au sein de la manufacture !
Après la première guerre mondiale, le nombre d'ouvriers diminue progressivement.

L'exposition
Le site du Moulin de la Blies
Le Moulin de la Blies est un vaste ensemble de bâtiments où étaient fabriquées les pâtes utilisées par la manufacture. En 1998, cette unité industrielle a été et transformée en un musée qui fait la synthèse des techniques et des savoir-faire acquis durant le XIXe et le XXe siècles dans lart de la céramique.
Les friches industrielles situées à l'arrière du musée ont été traitées en un Jardin de Ruines qui accueille aujourd'hui l'exposition Travailler aux Faïenceries. Dans le dédale des anciens ateliers où étaient délayées les argiles ou raffermies les pâtes, trente-neuf photographies témoignent du travail des hommes et des femmes, au Moulin même ou dans les autres services de la manufacture.
En cheminant dans le labyrinthe des salles et des couloirs, le promeneur deviendra visiteur et pourra découvrir, ici le portrait d'ouvriers, là des travailleurs devant leur machine ou à leur poste de travail.
La photographie au siècle dernier
Si à la fin du XIXe siècle, la photographie n'en était pas à ses débuts, les techniques de prises de vue étaient cependant moins sophistiquées que de nos jours. Elles nécessitaient en particulier de longues poses. Ainsi, les ouvriers photographiés dans les ateliers ont du posé de longues secondes.
Les images sont figées ; les hommes, immobiles devant leur machine, semblent attendre. Mais la qualité de ces photographies est exceptionnelle, les moindres détails d'un bâtiment, d'une machine sont lisibles.
De même, si l'on regarde avec attention les photographies des groupes d'ouvriers, on remarque une multitude de détails. On peut observer la variété des tabliers des femmes ou l'originalité des casquettes et des chapeaux que porte la majorité des hommes.
Certains "métiers" se devinent. Les ouvriers qui portent un morceau de cuir cousu sur leur épaule étaient chargés du transport des planches de vaisselle ; ceux munis d'une grande spatule en bois travaillaient à la préparation des plâtres ou des barbotines
Les tonneliers posent dignement avec leur scie ou leur marteau. Sur certaines photographies, on remarque, au centre du groupe, le chef d'atelier posant fièrement dans son costume de ville.
39 clichés à découvrir
L'exposition qui met en lumière une partie du fond photographique des Musées de Sarreguemines, présente 39 photographies en tirage sépia dont deux de format 184 x 280 cm, douze de format 92 x 140 cm, seize de format 46 x 70 cm et dix de format 23 x 35 cm.
"L'Aventure du Travail, des outils et des hommes"
L'exposition de Sarreguemines est présentée dans le cadre de l'exposition internationale "L'aventure du travail, des outils et des hommes" qui se tient au Musée du Bassin houiller lorrain, Carreau Wendel à Petite-Rosselle du 1er juin au 1er novembre 2000.
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