Au milieu du 15e siècle, Strasbourg jouit d'un renom européen notamment grâce à ses sculpteurs. C’est dans les années 1460 que l'art strasbourgeois est fécondé par des influences néerlandaises et que s'affirme à nouveau l'existence d'un art proprement strasbourgeois.

Parmi les figures émergentes de l’art statuaire, on trouve Nicolas de Leyde. Il a servi de «révélateur» à des artistes qui étaient en train d'opérer des changements profonds dans leur manière de représenter la figure humaine. Avec un sens exceptionnel d'une sculpture «dynamique», où des tensions contradictoires sont maintenues dans un équilibre provisoire, dont l'artiste se veut le spectateur privilégié.

En 1963, il exécute le portail clé la Chancellerie. Il y réalise notamment deux statues en fenêtre : un homme au turban et son pendant, une jeune femme.

Selon la tradition, il s’agirait du bailli Jacques de Lichtenberg et de sa maîtresse, la belle Bärbele d’Ottenheim.

 

Il s’agit d’une œuvre majeure de la fin du 15e siecle que la manufacture de Sarreguemines reprend ici en grès de Revernay.

Le type du vieillard barbu et ridé, aux traits accusés, répandu dans la sculpture depuis la fin du XIVe siècle, est transcrit de manière inédite par Nicolas de Leyde. Le sculpteur dépasse ici la simple imitation de la réalité et cherche à saisir les finesses de la psychologie de son personnage.
Son œuvre est presque réaliste. Le mouvement de torsion du corps est accentué par l'enroulement des bras et au traitement incisif des détails de l’épiderme se joint une traduction très fine de l’expression attentive du visage.

Outre la qualité plastique de l’œuvre, sa réédition par les faïenceries en 1921, s’inscrit sans doute dans la lignée de Carriès. La manufacture semble s’en être beaucoup inspirée pour ses productions en grès.  En effet, Jean Carriès, installé vers 1890 à Saint Amand en Puisaye, révolutionne l’emploi du grès et réunit autour de lui de nombreux adeptes qui feront école.

 

Dans le même temps, Sarreguemines développe dans ses ateliers de Digoin en Saône-et-Loire une matière céramique nouvelle qu’elle baptise « grès de Revernay », qu’elle utilisera entre 1896 et 1937 pour une production de type artistique.